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Ce que les jeunes attendent vraiment du travail, et pourquoi l’orientation change tout?

OrientationJeunes et travailÉtudes supérieuresConseils parents

Publié le 24/04/2026

Delphine de Guillebon

co-fondatrice Eurêka Study

Les jeunes ne rejettent pas le travail. Ils y tiennent même beaucoup. Mais une grande partie d’entre eux en souffrent , non par manque d’ambition, mais à cause d’un décalage douloureux entre ce qu’ils espéraient et ce qu’ils trouvent réellement. C’est ce que révèle une étude sérieuse et récente. Et ce qu’elle dit sur le rôle de l’orientation devrait interpeller tous les parents.

Une étude qui bouscule les idées reçues.

En avril 2025, l’Institut Montaigne a publié une enquête menée auprès de 6 000 jeunes de 16 à 30 ans, intitulée Les jeunes et le travail : aspirations et désillusions. Elle est signée par des chercheurs du CNRS, d’HEC et de Sciences Po, ce qui en fait l’une des sources les plus rigoureuses disponibles à ce jour sur ce sujet.

Première chose à retenir : les jeunes ne sont pas en rupture avec le travail. Le mythe du quiet quitting, cette idée que leur génération se désengagerait silencieusement, ne résiste pas aux données. Les jeunes veulent travailler, ils y donnent du sens, ils s’y investissent.

Ce qui pose problème, c’est autre chose.

Le vrai problème : le décalage entre attentes et réalité.

L’insatisfaction des jeunes actifs ne vient pas principalement du salaire. Elle vient d’un fossé entre ce qu’ils espéraient trouver et ce qu’ils vivent concrètement : le stress, le manque d’autonomie, la difficulté à équilibrer vie professionnelle et personnelle, le sentiment de ne pas être reconnus à leur juste valeur.

Et ce fossé est d’autant plus grand que les attentes sont élevées. L’étude le formule clairement :

Profil Ce que l’étude observe
Plus le diplôme est élevé Plus les attentes sont fortes, sur l’intérêt du travail, l’autonomie, la reconnaissance, les perspectives d’évolution
Diplômés en lettres et SHS Les plus touchés par le décalage : aspirations fortes, mais opportunités professionnelles souvent en deçà
Titulaires de BTS et DUT Souvent plus satisfaits, leur formation offre une meilleure adéquation entre attentes et réalité du terrain

Ce n’est pas un plaidoyer pour les filières courtes contre les filières longues. C’est une invitation à réfléchir à ce qu’on met derrière un choix d’études : correspond-il vraiment aux aspirations profondes de votre enfant, à sa vision de sa vie future, à ce qu’il valorise dans le travail ?

L’orientation : le levier le plus sous-exploité.

C’est l’enseignement le plus fort de l’étude. Les chercheurs de l’Institut Montaigne l’écrivent sans détour : les jeunes qui estiment que leur orientation a été inadéquate expriment une insatisfaction professionnelle beaucoup plus forte — et ce, des années après leur entrée sur le marché du travail.

L’orientation n’est pas une formalité de fin de terminale. C’est un facteur déterminant du rapport au travail pour toute une partie de la vie adulte. Et pourtant, le constat est sévère : le système public reste insuffisant pour accompagner les jeunes vers des métiers réellement en adéquation avec leurs aspirations.

Ce que cela change pour vous, en tant que parent.

Je vois souvent des parents arriver avec une question très précise : « Quelle filière choisir pour que mon enfant trouve un bon emploi ? » C’est une question légitime. Mais l’étude de l’Institut Montaigne nous invite à la reformuler :

« Quelle filière permettra à mon enfant de trouver un travail en adéquation avec ce qu’il est vraiment ? »

Ce n’est pas la même question. Et la réponse n’est pas la même non plus.

Ce que la recherche nous dit, c’est que la satisfaction au travail ne dépend pas du prestige du diplôme ni du niveau de salaire seul. Elle dépend avant tout de l’écart, ou de l’absence d’écart, entre les aspirations du jeune et la réalité de l’emploi qu’il occupe. Un écart qu’un bon accompagnement à l’orientation peut considérablement réduire.

Cela suppose de prendre le temps, bien avant Parcoursup, de travailler avec votre enfant sur ce qu’il valorise vraiment :

  • Qu’est-ce qui lui donne de l’énergie au quotidien ?
  • Dans quel environnement de travail s’épanouit-il ?
  • Quelle place veut-il donner au travail dans sa vie ?
  • Quelles sont ses vraies forces, celles qu’il n’a pas encore eu l’occasion de nommer ?

Ces questions, les jeunes ne se les posent pas spontanément. Ils ont souvent besoin d’un espace dédié, avec quelqu’un qui n’est ni leur professeur, ni leurs parents, pour les explorer vraiment.

Les jeunes sont pluriels, et c’est précisément pour cela que l’orientation compte.

L’étude rappelle une chose essentielle : il n’y a pas une jeunesse avec un profil uniforme. Les attentes varient selon la filière, le secteur, le milieu social, le genre. Ce qui convient à l’un peut être source de frustration pour l’autre.

C’est précisément pourquoi l’orientation ne peut pas se réduire à un algorithme, à un classement de métiers d’avenir ou à une liste de débouchés. Elle demande du temps, de l’écoute, une vraie connaissance de soi, et un accompagnement qui prend en compte la singularité de chaque jeune.

C’est ce que nous construisons ensemble, séance après séance.

Source : Institut Montaigne, « Les jeunes et le travail : aspirations et désillusions des 16-30 ans », avril 2025. Étude menée auprès de 6 000 jeunes, sous la direction de Yann Algan (HEC), Olivier Galland (CNRS) et Marc Lazar (Sciences Po).

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Delphine de Guillebon

Consultante en Orientation Scolaire
Cofondatrice d’Eurêka Study
Cabinet d’orientation à Paris 16° & Consultation OnLine

Contacter Delphine
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